Quand la Chine s'éveille verte...
21/09/2023
Je publie tardivement ce commentaire car je viens de terminer la lecture, commencée hier, de ce livre :
Nathalie BASTIANELLI, Quand la Chine s'éveille verte..., 2021 [Partage en ligne].
Si la Chine verdit, cela impacte le mode de vie de 1.4 milliard de personnes. Si elle réussit sa mue écologique, les effets d’échelle seront tels que cela donne un espoir nouveau pour l’avenir de notre planète. Depuis quelques années, le pays a investi massivement jusqu’à prendre le leadership mondial de la lutte contre les différentes formes de pollution (air, eau, terre) et le changement climatique, tournant de première importance et dont, à l’étranger, on ne prend pas la pleine mesure. Son programme “Civilisation Écologique”, validé par le XIXème congrès en octobre 2017, a pour objectif principal de décarboner l’économie chinoise et de répondre aux fortes attentes des citoyens.
Résumé par Amazon
Des citoyens chinois s’engagent pour la planète. Qui sont-ils ? Très inquiets pour leur santé et celle de leurs enfants, des Chinois de la société civile se sont mis à développer « une conscience verte » de plus en plus affirmée. Dans cet ouvrage, Nathalie Bastianelli raconte leurs parcours et les décisions politiques qui les accompagnent. Si la Chine verdit, cela impacte le mode de vie de 1,4 milliard de personnes. Autrement dit, si elle réussit sa mue écologique, les effets d’échelle seront tels que cela donne un espoir nouveau pour l’avenir de notre planète. Ce livre offre un point de vue inédit sur la contribution des Chinois à la relève du défi écologique mondial.
Résumé par l’éditeur
Tout est dit ou presque dans le premier chapitre dont voici quelques extraits :
La longue marche vers la “civilisation écologique”
2009, c’est la Conférence sur le Climat à Copenhague où la Chine annonce devant la communauté internationale pour la première fois des objectifs carbone. Elle s’engage à réduire de 45 % son intensité carbone d’ici à 2020 par rapport à 2005, bien que la croissance du pays reste sa priorité. Cet objectif est atteint dès 2018. Mais la réduction de l’intensité carbone ne suffit pas à faire baisser les émissions chinoises de CO2 malgré les efforts du pays pour avoir une croissance moins carbonée car la Chine continue de se développer à un rythme forcené. C’est tout le paradoxe ! L’espoir est pourtant permis. En septembre 2020, le président Xi Jinping surprend - tant en Chine que dans le reste du monde - en s’engageant à l’ONU à atteindre la neutralité carbone en 2060 (2050 pour l’Europe).
Un des principaux moyens choisis par le gouvernement pour réduire son intensité carbone a été d’amplifier au maximum le recours aux énergies renouvelables. Cette stratégie hisse le pays au rang de premier investisseur mondial dans les énergies bas-carbone, qu’il s’agisse du solaire, de l’éolien, du nucléaire ou de l’hydraulique.
Énergies renouvelables : le grand bond en avant
Afin de s’affranchir durablement du charbon, présent en abondance dans ses sols et qui fournit 60 % des besoins énergétiques du pays, Pékin a investi massivement dans les énergies renouvelables : 100 milliards de dollars par an, soit le double des investissements américains annuels, et plus que les investissements annuels cumulés des États-Unis et de l’Europe19. La Chine a pris le leadership, avec l’Europe, au moment où les États-Unis de Donald Trump annonçaient qu’ils se retiraient de l’accord de Paris sur le climat. Sur la période 2017-2020, elle a poursuivi ses investissements dans le durable en y dédiant un budget de 360 milliards de dollars et en annulant 85 projets de centrales au charbon. Le quatorzième plan quinquennal (2021-2025) fixe la part des énergies non fossiles à 20 % de son mix énergétique d’ici à 2025.
L’énergie du soleil
La Chine est devenue le plus gros producteur mondial d’énergie solaire. Les centrales solaires se sont multipliées sur le territoire à grands coups de subventions d’État avec une croissance très forte sur la période 2013-2019 (+ 70 % par an). En 2018, le parc solaire chinois représentait 71 % du parc mondial, mais seulement 2,5 % de la production totale d’électricité du pays. En 2020, la Chine est restée largement en tête du marché mondial du photovoltaïque, après deux années de ralentissement dû à la réduction des subventions du gouvernement, portant sa puissance installée cumulée à 253,4 GWc, au premier rang mondial (33,4 % du total), loin devant les États-Unis (93,2 GWc) et l’Inde (47,4 GWc).
Mais la Chine ne s’arrête pas là. Un projet futuriste est mis à l’agenda : une centrale solaire en orbite dont le but est de fournir de l’énergie à la Terre. Cette centrale spatiale devrait être construite en imprimante 3D pour la reproduire ensuite en plusieurs exemplaires, selon une information du quotidien chinois Science and Technology Daily. Exclusivement composée de panneaux solaires, elle graviterait à 36 000 kilomètres de la Terre et pourrait fournir de l’électricité sans interruption et à une intensité six fois supérieure aux installations terriennes grâce au rayonnement du Soleil en continu, selon l’Académie chinoise de technologie spatiale.
L’énergie du vent
Comme pour l’énergie solaire, la Chine est de loin le plus grand marché éolien du monde - place qu’elle occupe depuis 2010 - et demeure le premier fournisseur mondial d’équipements. L’éolien terrestre a connu une croissance exponentielle ces dernières années sur la planète (+59 % entre 2019 et 2020). Il est devenu l’une des sources d’énergie les moins chères du monde (avec une baisse des coûts de fabrication de 40 % cette dernière décennie). La Chine a joué un rôle moteur dans cette croissance. Entre 2019 et 2020, sa production d’électricité éolienne est passée de 28,4 % à 40 % du total mondial, devant les États-Unis (de 18 % à 21,2 %). Aujourd’hui, l’éolien représente 5,4 % de la production électrique nationale chinoise.
L’énergie de l’eau
Quant à l’hydraulique, il est aussi un domaine où Pékin occupe le premier rang avec 27,2 % du total mondial.
Le “dragon” nucléaire chinois
La Chine a placé le nucléaire au cœur de son programme de transition énergétique et ambitionne de se doter du plus grand parc nucléaire du monde dans les dix prochaines années. Elle a développé son programme nucléaire en plusieurs étapes, mais tout aussi massivement que le solaire et l’éolien. En 2021, elle occupe déjà le troisième rang mondial en nombre de réacteurs en service ainsi qu’en capacité de production (50 réacteurs), derrière les États-Unis (99) et la France (58). Elle se classe aussi première pour les réacteurs en construction - 14 réacteurs -, ce qui est un record historique mondial.
Dans l’actuel 14e plan quinquennal (2021-2025), la Chine ambitionne de porter la puissance nucléaire en service à 70 GW en 2025 - dépassant le parc nucléaire de la France de 61 GW.
La grande muraille verte
La Chine a lancé un vaste programme de reforestation national qui devrait permettre aux forêts d’occuper 24 % du territoire national d’ici à 2025. Ce programme inclut, entre autres, la protection des zones humides26 appelées par les Chinois les “reins de la terre” - en référence à la vision de la médecine chinoise qui considère les reins comme appartenant à l’élément eau - pour leur rôle essentiel dans la protection de la biodiversité et l’épuration des rivières. Mais il intègre aussi la construction d’une “grande muraille verte” lancée en 1978 par l’ancien homme fort du pays Deng Xiaoping, et qui devrait s’achever en 2050.
Voitures électriques, les consommateurs derrière l’État
À l’heure où il n’est question partout que de se déplacer en véhicule électrique, la Chine a déjà opéré le plus important déploiement de voitures individuelles de ce type dans le monde et vise pour 2030 à équiper la moitié de son marché en voitures à basses émissions : électriques, hybrides ou fonctionnant à piles à hydrogène (il était à 8 % en 2020).
La “méthode chinoise” est bien résumée :
Le marché carbone chinois
Pékin avait d’abord lancé à partir de 2013 à titre expérimental sept marchés carbone locaux dans les zones les plus industrialisées et les plus riches (deux régions : le Guangdong et le Hubei, et cinq municipalités : Pékin, Shanghai, Tianjin, Shenzhen et Chongqing). La Chine a ensuite procédé à un bilan entre 2015 et 2017 et évalué les corrections nécessaires avant le lancement national.
Pour mettre en place ces mesures, la Chine a aussi procédé par étapes. Le marché du carbone s’adresse d’abord au secteur de l’électricité dont les centrales fonctionnent encore très largement au charbon et qui représente 30 % des émissions du pays, puis, dans un deuxième temps, aux autres industries très polluantes (ciment, acier, aluminium, chimie et pétrochimie). Pour accroître la transparence et l’efficacité du système, les émissions des entreprises sont divulguées au public.
Les points faibles sont l’introduction, dans laquelle l’auteure survalorise le rôle de sa "plate-forme internationale de promotion des solutions et des innovations durables", et la conclusion, qui reprend la propagande sur "l’origine du Covid-19" ou "le sort des Ouïghours" et se termine par la prophétie de Shambhala !
Lire :
- La Chine vue par Nathalie BASTIANELLI, Chine en Question, 17/05/2021 (épisode de la série La Chine vue par).
- Revue de presse Lutte contre la pollution en Chine (2019-2021).
- Revue de presse Lutte contre la pauvreté en Chine (2019-2021).
Serge LEFORT
L’actualité analysée par Monde en Question
Merci d’envoyer votre commentaire par courriel